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ARTICLE LE VIGNERON - MARS 2021 - SPECIAL PULIGNY - ARTICLE LE VIGNERON - MARS 2021 - SPECIAL PULIGNY

ARTICLE LE VIGNERON - MARS 2021 - SPECIAL PULIGNY

ARTICLE LE VIGNERON - MARS 2021 - SPECIAL PULIGNY

c'est un coin d'Histoire oubliée que l'on écrivait à l'encre rouge de la vigne avant que le village de Puligny-Montrachet ne se pare de son beau manteau blanc de chardonnay. Ce passé insoupçonné ressurgit en 3D grâce à Jean-Michel Chartron : cet homme-orchestre de la côte de Beaune, grand ordonnateur de la future Saint-Vincent (repoussée à 2022 pour cause de crise sanitaire, ndlr), montre les pointes de son Clos du Cailleret vêtues de pinot noir, des rangs bien alignés sur une ouvrée qui bordent les chardonnays : « J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux et je fais tout pour conserver en l'état ce cépage quasiment disparu sur le secteur. Nous en tirons entre 150 et 300 bouteilles suivant les millésimes. » ........
Anne-Laure Chartron, venue rejoindre son frère, est une sœur aînée bienveillante au large sourire. Elle ouvre une bou­teille de ce Clos du Cailleret rouge rarissime en prenant soin de distribuer un quatuor de verres. Le carillon du millésime 2018 « tintinabulle » allegro comme les premières notes du Printemps de Vivaldi. La robe amarante exhale de délicieuses flaveurs de cerise nuancées d'un crayeux réjouissant. Son fruit reflète la vendange mûre, sa belle acidité le rend lumineux et croquant. Le velouté s'installe délicatement en bouche, ponctué d'une touche minérale qui signe le terroir, une connotation intime que l'on retrouve également sur le blanc. Sa formidable allonge parsemée d'éclats de roche interpelle. Le sol ici domine le cépage, démontrant toute la grandeur des clos bourguignons. La famille Chartron en possède trois (dont deux monopoles) sur Puligny depuis 1917, autant dire qu'ils sont l'objet de la plus grande attention : « Ils constituent nos joyaux de la cou­ronne, que l'on surveille de façon scrupuleuse», précise Jean­-Michel tout en montrant en contrebas, regardant le soleil levant, l'un de ces monopoles, le célèbre Clos de la Pucelle. On y produit un vin d'exception, de grande vertu. 
Comme pour mieux mettre à profit la situation, la maîtresse de céans sort alors de la glacière un 2018 : ses reflets verts donnent de la brillance à la robe dorée. Dès le premier coup de nez, on craque pour les flaveurs noisetées particulièrement alertes. Ce premier cru déploie en bouche une identité cris­talline, une texture ciselée, tout en finesse, où se mêlent des notes salines et salivantes de fleurs blanches, de carambole et de zeste de citron jaune. 
Autre monopole, le Clos des Chevaliers se montre sur 2018 complet dans sa définition. Ce chevalier-montrachet grand cru de haute volée est paré d'arômes complexes d'iode, de noisette fraîche et de zestes citronnés qui viennent étayer la bouche au fruit étiré et à la finale minérale persistante se res­serrant sur les agrumes. On tient là le ténor de la maison, qui rivalise en vocalises comme en caudalies avec toute la che­valerie alentour. Le rebond final souligne de très jolis amers qui retranscrivent l' ADN du sol. Ce sens du lieu particuliè­rement affirmé donne sa pleine mesure au cru. Ici c'est la tex­ture qui joue le rôle de révélateur de terroir. Plus concentré que le simple chevalier, moins dense que La Cabotte, ce clos se singularise par le relief qu'il transmet dans son étirement longiligne. Et c'est ainsi que Jean-Michel Chartron signe des vins de grande noblesse. / Denis Hervier - Le Vigneron printemps 2021

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